Vidéo protection
Synology et la « troisième voie » : l’IA en local, la gestion dans le cloud
Ce que Synology présentera
Le constructeur taïwanais, bien connu pour ses NAS, a dévoilé le 26 octobre le programme de son stand au salon ISC East de New York (3 au 5 novembre). Au menu :
- la gamme Deep Video Analytics (DVA), des enregistreurs qui font tourner l’analyse vidéo localement ;
- de nouvelles caméras Synology présentées en avant-première ;
- Surveillance Station, le logiciel de gestion vidéo sur site, et Surveillance365, l’offre de vidéosurveillance en tant que service ;
- une solution de mur d’images pour la supervision ;
- le HD6500, un stockage haute capacité pour la conservation longue durée ;
- des aperçus de contrôle d’accès, sans détail pour l’instant.
Le message porté par Cody Hall, chef de produit chez Synology America, tient en une formule : les clients cherchent « a third way » entre le tout-local et le tout-cloud. Le communiqué ne donne en revanche aucune caractéristique chiffrée.
Pourquoi l’hybride a du sens
Sur le terrain, le débat local contre cloud est souvent mal posé. Le tout-local, c’est la maîtrise des images et l’indépendance vis-à-vis d’Internet, mais aussi des enregistreurs dispersés, des mises à jour oubliées et des accès distants bricolés. Le tout-cloud, c’est une gestion centralisée très confortable, mais des flux montants permanents, une dépendance à l’abonnement et des questions légitimes sur l’hébergement des images.
Garder l’analyse et l’enregistrement sur site tout en centralisant la supervision, les comptes et les mises à jour dans une console distante, c’est une architecture que je trouve saine. La bande passante sort peu, les images restent chez le client et l’exploitant multisite gagne une vraie vue d’ensemble.
« Zero-knowledge » : une promesse à vérifier
Le terme signifie, en principe, que le fournisseur du service ne peut pas lire les données qu’il héberge, car elles sont chiffrées avec des clés qu’il ne détient pas. C’est un argument fort, à condition de savoir exactement ce qui est couvert : les vidéos exportées, les métadonnées, les journaux, les identifiants ? Avant de le reprendre dans une offre, je demanderais la documentation technique et le schéma des flux.
Mes points de vigilance
- Le RGPD et l’hébergement : localisation des serveurs de gestion, sous-traitants, durée de conservation. Le registre de traitement du client doit le refléter.
- Le réseau : un VLAN vidéo dédié, des flux sortants limités au strict nécessaire vers le cloud de gestion, rien d’exposé en entrée.
- Les comptes : authentification multifacteur sur la console cloud, comptes nominatifs, et un compte d’urgence local documenté si la connexion tombe.
- Le mode dégradé : vérifiez que l’enregistrement et la visualisation locale continuent sans Internet. C’est tout l’intérêt de l’hybride.
- La pérennité : une offre « en tant que service » se lit aussi dans le contrat, notamment sur la réversibilité.
Mon avis
Voir un acteur venu du stockage pousser l’analyse à la périphérie et le cloud pour la seule gestion, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les intégrateurs. Les petites et moyennes installations multisites en sont la cible naturelle. Reste à juger sur pièces au salon, et surtout sur la documentation : en vidéosurveillance, le diable se cache dans le schéma des flux 🙂.
Sources
Photo : © Synology (visuel constructeur), via synology.com.