Vidéo protection
Hanwha SPS-A8016 : la caméra qui voit, écoute… et répond
Ce qu’est le SPS-A8016
Présenté fin octobre, le SPS-A8016 de Hanwha Vision n’est pas une caméra comme les autres. Autour d’un capteur 5 MP avec WDR 120 dB, le boîtier intègre :
- trois micros MEMS, dont deux en formation de faisceau pour réduire le bruit ;
- un haut-parleur de 90 dB et une communication bidirectionnelle avec annulation d’écho ;
- le protocole SIP 2.0, pour dialoguer avec un IPBX ou un système VoIP ;
- un anneau LED RGB pour signaler visuellement un état ou une alerte ;
- la puce Wisenet 9 avec deux NPU, l’un pour l’image, l’autre pour l’analyse.
Côté IA, on retrouve la classification des personnes, visages, véhicules et plaques, le comptage, les files d’attente et les cartes de chaleur. La nouveauté intéressante est l’analyse des sons : cris, bris de verre, agressivité verbale, crissements de pneus ou klaxons.
Pourquoi c’est intéressant sur le terrain
Dans un hall d’accueil, une pharmacie, un guichet ou un couloir d’établissement, l’image seule arrive souvent trop tard. Un cri ou une voix qui monte est parfois le premier signe d’un incident. Une caméra capable de lever une alerte sur un événement sonore, puis de laisser l’opérateur parler directement sur place, raccourcit beaucoup la chaîne d’intervention.
Le SIP est aussi un vrai plus pour l’intégrateur. La caméra peut devenir un point d’interphonie raccordé à la téléphonie existante. C’est typiquement le genre de produit qui fait se rencontrer les métiers sûreté et télécom… et qui oblige donc à se parler dès l’avant-projet. 🙂
Les points de vigilance
- Le cadre juridique de l’audio. Capter le son dans un lieu de travail ou un lieu ouvert au public n’est pas anodin. En France, la CNIL est très réservée sur l’enregistrement sonore permanent. Je conseille de limiter l’usage à la détection d’événements, sans conservation du son, et de le documenter dans l’analyse d’impact.
- Les faux positifs. Un bris de verre en cuisine ou un enfant qui crie ne sont pas des agressions. Prévoyez une phase de réglage et une procédure de levée de doute.
- Le réseau. Vidéo, audio bidirectionnel et SIP sur le même équipement : il faut réfléchir aux VLAN, à la QoS et aux flux autorisés entre le réseau vidéo et la téléphonie.
- La cybersécurité. Plus un appareil a de fonctions, plus sa surface d’attaque grandit. Désactivez ce qui ne sert pas et suivez les mises à jour du firmware.
Mon avis
La vidéosurveillance glisse doucement vers la « sûreté interactive » : détecter, alerter et intervenir à distance avec le même équipement. C’est une bonne nouvelle pour les sites où le personnel est seul face au public. Mais l’audio demande une vraie réflexion juridique en amont, sans quoi le projet risque de s’arrêter au premier avis du CSE ou de la CNIL.
Sources
Photo : © Hanwha Vision (visuel constructeur), via PSI Magazine.